ALZHEIMER: La maladie a aussi ses facteurs épigénétiques

On connait certains variants génétiques – comme ceux d'APOE-liés au développement de la maladie d’Alzheimer. Mais la maladie a aussi ses facteurs épigénétiques, suggère cette étude de l’Université d'Exeter. Les conclusions, présentées dans la revue Nature Neuroscience, montrent des modifications chimiques de l'ADN dans le gène ANK1 fortement associées à des signes neuropathologiques. Et les patients atteints présentent des niveaux plus élevés de ce biomarqueur épigénétique.
C'est la première vision épigénétique de la pathogenèse de la maladie d'Alzheimer qui nous est livrée ici par ces chercheurs de l'Université de l'École de médecine Exeter et du King College de Londres. On sait que les modifications épigénétiques vont modifier l'expression ou l'activité de gènes sans modifier la séquence d'ADN sous-jacente. Elles sont le résultat de la confrontation de notre génome à l'environnement. Enfin, ces modifications épigénétiques sont réversibles et peuvent donc être des cibles intéressantes pour le développement de nouvelles thérapies.
L'étude révèle que les modifications chimiques de l'ADN dans le gène ANK1 sont fortement associées à des mesures de neuropathologie dans le cerveau. Les chercheurs constatent que les patients atteints de la maladie d'Alzheimer présentent des niveaux plus élevés de ces modifications. Un résultat particulièrement flagrant dans le cortex entorhinal, une zone connue comme fortement affectée dans l'Alzheimer, et détectable également dans d'autres régions corticales touchées par la maladie. En revanche, aucun changement significatif n'est observé dans les zones déjà connues comme moins touchées par la maladie.
Ces changements épigénétiques constatés spécifiquement dans les zones touchées par la maladie suggère qu'ils sont bien impliqués dans l'apparition de la maladie. Cependant, ils pourraient, aussi, être une conséquence de la maladie ?
De prochaines études futures doivent à partir de cellules cérébrales isolées regarder si ces changements sont spécifiques des neurones. Alors que l'étude des modifications épigénétiques associées à la maladie d'Alzheimer reste encore un domaine relativement nouveau, leur implication est déjà démontrée dans de nombreuses autres maladies, dont le cancer. Et chaque nouveau mécanisme identifié fournit de nouvelles cibles de traitement.
Source: Nature Neuroscience 17 August 2014 doi:10.1038/nn.3786 Alzheimer's disease: early alterations in brain DNA methylation at ANK1, BIN1, RHBDF2 and other loci
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