ANTIDÉPRESSEURS: Mais pourquoi mettent-ils si longtemps à agir?

Chez certains patients les antidépresseurs de la classe des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (ISRS) peuvent « mettre » des semaines pour commencer à agir. Les chercheurs pensent avoir trouvé l’explication de cet effet à retardement, une protéine cible qui pourrait en effet médier l'action des médicaments. Les conclusions de cette étude, présentée dans le Journal of Biological Chemistry, apportent l’espoir via la manipulation de ces protéines, de pouvoir développer des antidépresseurs à action rapide.
Il s'agit de la protéine « Ga », présente dans le cerveau qui peut agir comme une barrière chimique et ralentir la distribution des ISRS aux cellules du cerveau. Les chercheurs de l'Université de l'Illinois ont mené cette étude expérimentale in vitro, sur des cellules de rats, leur objectif étant de mieux comprendre ce retard dans l'action des antidépresseurs mais aussi de pouvoir ainsi développer des antidépresseurs à action rapide.
Les chercheurs ont utilisé un type particulier de cellules de tumeurs (gliome C6) de cerveaux de rats, car on sait que ces cellules sont privées du transport de la sérotonine dans leurs membranes. Ces cellules imitent d'une certaine manière, les cellules cérébrales humaines en cas de dépression. De précédentes études ont montré que les antidépresseurs vont relocaliser des protéines de transport appelés Ga sur les membranes cellulaires. Les cellules de gliome de rats ont été exposées à différents antidépresseurs et les chercheurs ont ensuite, grâce à des techniques de pointe, évalué la concentration des principes actifs dans les cellules exposées. Ils montrent ainsi que l'action retardée des antidépresseurs ISRS est en partie liée à la redistribution des protéines Ga sur les membranes cellulaires lipidiques. Ainsi, la dose ou la concentration de l'antidépresseur retrouvé dans la cellule s'avère directement dépendante de l'étendue de la distribution de la protéine Ga sur la membrane cellulaire -et particulièrement sur ces domaines nommés radeaux lipidiques.
Les protéines Ga « médient » par leur distribution sur la membrane des cellules, l'action antidépressive des ISRS. En identifiant « l'ancre moléculaire » des protéines Ga sur ces fameux « radeaux lipidiques », bref en favorisant leur distribution sur la membrane cellulaire, il serait donc possible de développer des composés antidépresseurs à action beaucoup plus rapide. Mais il s'agit encore d'une étude très expérimentale à stade précoce et sur des cellules de rat. Il reste donc à valider ces résultats par des essais in vivo et chez l'Homme.
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