DÉVELOPPEMENT : La critique des parents désensibilise les enfants

Les enfants ayant des parents critiques accordent moins d'attention aux expressions faciales émotionnelles, montre cette recherche de l’Université de Binghamton (Etat de New York). Des conclusions présentées dans le Journal of Clinical Child & Adolescent Psychology qui suggèrent chez ces enfants une moindre sensibilité à l’expression des émotions, des relations sociales plus complexes et un risque accru d’anxiété et de dépression.
Les chercheurs ont voulu examiner comment la critique des parents a un impact sur la façon dont les enfants traitent et prêtent attention aux expressions des émotions sur les visages. Ils utuilisent ici un marqueur neural, L'un des moyens d'observer l'attention est un marqueur neuronal appelé « Late Positive Potential ou LPP » qui permet d’évaluer l’attention aux informations émotionnelles transmises par un visage heureux ou triste (voir visuel ci-dessous).

Les chercheurs ont invité des parents à parler de leur enfant, âgé de 7 à 11 ans, pendant 5 minutes. Les propos des parents ont été cotés en fonction de leur niveau de critique. Les chercheurs ont ensuite mesuré l'activité cérébrale des enfants alors qu'ils visionnaient une série d'images de visages montrant différentes émotions. Les chercheurs constatent que les enfants de parents très critiques prêtent moins d'attention à toutes les expressions faciales émotionnelles, vs les enfants de parents peu critiques.
Eviter toute aversion : de précédentes recherches ont montré que nous avons tendance, par aversion, à éviter les situations qui nous sont inconfortables, anxiogènes ou qui nous rendent tristes. Nous savons également que les enfants ayant un parent critique sont plus susceptibles d'utiliser des stratégies d'adaptation d’évitement lorsqu'ils sont en situation de détresse -par peur de la critique- par rapport aux enfants aux parents moins critiques. L’expérience montre que les enfants ayant un parent critique vont même éviter de regarder toute expression faciale de l'émotion. Ils évitent ainsi l'exposition à des situations aversives qu'ils pourraient indirectement associer à la critique parentale.
Ce faisant, ils ne « profitent » pas non plus de l’expression chez les autres d’émotions positives. Cette sorte de déni de toute émotion chez l’autre rend les relations sociales plus difficiles et peut mener à l’anxiété et la dépression, concluent les chercheurs.
La recherche se poursuit, pour regarder l’impact en temps réel, dans le cerveau des enfants de commentaires positifs et négatifs de leurs parents.
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