EXERCICE PHYSIQUE: Il peut réduire de 30% le risque de chute chez le patient âgé

20 à 33 % des personnes âgées de 65 ans ou plus rapportent avoir fait au moins une chute au cours de l’année écoulée.La chute est un facteur majeur et reconnu de perte d’autonomie. Un facteur évitable, dans une certaine mesure. Avec une activité physique régulière, centrée sur le travail de l’équilibre, les sujets âgés à risque plus ou moins élevé, pourraient les éviter. C’est la conclusion, non surprenante mais bien documentée de cette expertise collective de l’Inserm qui nous propose un bilan des connaissances scientifiques sur la contribution d’une activité physique à la prévention des chutes chez les personnes âgées. Ce travail appelle donc à la conception et au développement de programmes d’exercices physiques mieux encadrés et inscrits dans un parcours de soin, social et associatif.
Avec l'avancée en âge, l'augmentation du risque de déficiences sensorielles, motrices et cognitives, et de pathologies chroniques. Ainsi après 85 ans, plus des trois quarts des Français déclarent une incapacité plus ou moins sévère, handicapante dans les activités quotidiennes. Les chutes, de plus en plus fréquentes avec l'âge sont une cause majeure de perte d'autonomie et d'entrée en institution. Dans un contexte de vieillissement de la population, leur prévention est donc un enjeu prioritaire de santé publique. L'Inserm rappelle ainsi qu'en France, les chutes représentent 90% des accidents de la vie courante recensés dans les services d'urgence chez les plus de 75 ans. Parmi les chuteurs, la moitié aurait fait au moins deux chutes dans l'année. Les chutes représentent par ailleurs la principale cause de traumatismes physiques chez les plus de 70 ans et sont aussi souvent responsables d'une perte de confiance en soi, pouvant conduire à une restriction des activités.
Des facteurs à la fois d'ordre sensoriel et moteur liés au vieillissement altèrent l'équilibre et favorisent la chute:
· l'âge : Le nombre de chutes et de chuteurs augmente avec l'âge : Chez les plus de 80 ans, près d'un sujet sur 2 chute au moins 1 fois au cours de l'année.
· Le sexe : le taux de chutes est plus élevé chez les femmes que chez les hommes,
· de nombreux facteurs médicaux : déficits sensoriels, déclin cognitif, hypotension orthostatique…
· de nombreux facteurs psychologiques : dépression, peur de chuter, manque de confiance,…
· la sédentarité,
· la prise de médicaments psychotropes.
· les caractéristiques sociales : un faible revenu, un logement inapproprié, un réseau social pauvre ou une difficulté d'accès aux services sociaux sont également des facteurs associés à un risque de chute augmenté.
Différents types de programmes de prévention des chutes ont déjà été développés :
les interventions unifactorielles, visant à corriger un seul facteur
les multiples proposant à un groupe de personnes âgées de travailler sur 2 ou plus de 2 facteurs de risque
les multifactorielles qui vont intégrer une évaluation individuelle du risque de chute et une prise en charge individualisée en fonction des risques repérés. Ces interventions comprennent le plus souvent des exercices physiques, et selon les cas, une correction de troubles visuels, et/ou d'une hypotension orthostatique, une révision des médicaments, notamment une réduction des traitements psychotropes, une adaptation du domicile, un ajout de suppléments vitaminiques ou nutritionnels, une prise en charge des problèmes podologiques, un diagnostic et traitement d'une maladie de la mémoire et de la dépression.
Le travail de l'équilibre pour prévenir la chute : Les programmes d'exercices de prévention des chutes les plus efficaces sont ceux centrés sur le travail de l'équilibre, conclut ce bilan.
De tels programmes, comprenant aussi le renforcement musculaire et de l'endurance pourraient permettre une réduction du risque de chute de l'ordre de 25 % et donc du risque de fractures, alors que les autres types d'exercice n'ont pas d'effet significatif sur la prévention des chutes. Mais les bénéfices s'estompent rapidement après l'arrêt du programme, suggérant une continuité et une régularité de « l'entrainement » aussi longtemps que possible.
Des données scientifiques à l'appui :
- Un examen publié dans la revue Cochrane (2012) montre que les programmes reposant sur plusieurs types d'exercices, pratiqués en groupes, diminuent le taux de chutes de 29 % et le risque de chuter de 15 %.
- Une méta-analyse montre un effet sur la prévention des chutes nettement plus marqué dans les essais où la dose d'exercices était au minimum de 50 heures sur la durée totale de l'intervention.
- Globalement, le risque de fracture est diminué (20 à 40 %) chez les sujets pratiquant une activité physique et ayant un mode de vie actif.
L'activité physique est donc un facteur primordial de maintien de l'autonomie chez la personne âgée, à la fois sur le plan physique bien sûr mais aussi sur le plan psychologique car le sujet âgé qui pratique a aussi une meilleure perception de sa santé, plus de vitalité et un meilleur mental.
Si des recherches restent à mener sur les aspects épidémiologiques de la chute chez le patient âgé, il s'agit aussi de développer des programmes d'exercices physiques adaptés à l'état de santé du sujet âgé et de tester en termes d'efficacité et d'acceptabilité, notamment pour les personnes les plus âgées, les moins mobiles et les plus fragiles. Enfin, il reste aussi à sensibiliser les personnes âgées, après avoir mieux identifié les facilitateurs et leurs freins à la pratique, aux bénéfices de l'activité physique pour leur autonomie et leur qualité de vie.
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