FRAGILITÉ : Double risque avec les somnifères et les antalgiques

Ces chercheurs de l’Oregon Research Institute (ORI) et de la Florida Atlantic University (FAU) sont les premiers à montrer des liens statistiquement significatifs entre l'utilisation régulière de médicaments contre la douleur et / ou le sommeil, et le risque de fragilité chez les personnes âgées. Ces données présentées dans le Journal of American Geriatrics Society et lors de Réunion annuelle de la Gerontological Society of America (Austin, Texas), ouvrent 2 nouvelles pistes de recherche, sur la contribution de la douleur et des troubles du sommeil à la fragilité au grand âge et sur les effets suspectés de ces médicaments sur le développement de la fragilité.
La fragilité n’est pas seulement un état pathologique, c’est une véritable maladie définie par des déficits dans différentes mesures fonctionnelles et c’est un prédicteur fiable de la perte d'autonomie et du décès, et d’un recours accru aux services de santé. Les implications de la recherche sont particulièrement importantes, à la fois en regard du vieillissement de la population et de la prévalence déjà en hausse de la perte d’autonomie, mais également en regard de l’utilisation croissante et fréquemment combinée de ce type de médicaments sur prescription.
La douleur et les troubles du sommeil, ou les médicaments, sont-ils en cause dans l’incidence de la fragilité ?
Cette étude, ORI-FAU, est la première à alerte sur ces liens statistiquement significatifs entre l'utilisation régulière de ces médicaments contre la douleur et le risque de fragilité donc de perte d’autonomie. L’équipe a analysé les données de 7.201 personnes âgées de 65 ans et plus et en moyenne de 72 ans, exemptes de fragilité à l’inclusion, et participant à la cohorte Health & Retirement Study (HRS). L’analyse a permis d'estimer les risques de fragilité à long terme et de classer les risques à long terme de ces 2 classes de médicaments sur prescription, antalgiques et sédatifs. Après un suivi de 8 ans, l’analyse révèle:
- un risque de fragilité accru de 95% chez les personnes ayant déclaré une utilisation régulière de médicaments sur prescription pour soulager la douleur et le sommeil, vs les participants n’en faisant pas une utilisation régulière ;
- ainsi, l’usage régulier de médicaments sur ordonnance pour la douleur ou le sommeil est associée à des risques de fragilité accrus respectivement de 58% et 35%.
Les chercheurs soulignent que la co-utilisation de plusieurs médicaments sur prescription, en particulier de ces 2 classes de médicaments, est un phénomène en croissance, en particulier chez les personnes âgées.
Les auteurs appellent donc à des recherches supplémentaires pour estimer le risque de fragilité associé aux niveaux de douleur et à la sévérité des troubles du sommeil ainsi qu’à la consommation des différents médicaments sur prescription, disponibles pour ces 2 conditions.
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