La NEUROPRÉDICTION évalue le risque de récidive criminelle à l'IRM

Cette étude de la Duke University marque une nouvelle étape dans l’utilisation des neurosciences pour évaluer le risque de récidive criminelle et donc mieux décider en matière de probation, de libération conditionnelle ou autres procédures judiciaires. Un scan du cerveau peut en effet prédire un futur comportement criminel ou une récidive, suggèrent ces conclusions présentées dans les PNAS, qui identifient une faible activité dans le cortex cingulaire antérieur (CCA) dans le cerveau des criminels récidivistes.
Les auteurs du Mind Research Network (Albuquerque) qui rappellent que l'impulsivité et le comportement antisocial sont régulés au niveau du cortex cingulaire antérieur (CCA), montrent sur 96 adultes de sexe masculin, âgés de 20 à 52 et… suivis durant 4 ans après leur sortie de prison, que la neuro-imagerie permet d'évaluer le risque de récidive criminelle. Les chercheurs ont d'abord relevé, à l'IRM, des données de neuro-imagerie pendant que les détenus bénévoles effectuaient une série de tests mentaux. Après 4 ans de suivi, ils constatent que les participants à l'activité relativement faible au niveau du cortex cingulaire antérieur sont deux fois plus susceptibles de récidiver que les détenus à activité cérébrale élevée dans cette région du cerveau.
Une méthode prometteuse de neuroprédiction avec un potentiel considérable pour le système judiciaire : Des implications qualifiées de très importantes pour l'avenir, par le Dr A. Kent Kiehl, auteur principal de l'étude et professeur agrégé de psychologie à l'Université du Nouveau-Mexique. Car elles constituent un véritable outil de prédiction de la récidive mais indiquent aussi une cible pour de nouvelles thérapies permettant de réduire le risque d'action criminelle future ou de récidive. Car ces données suggèrent que cette région du cerveau pourrait, chez les criminels récidivistes, ne pas fonctionner correctement.
Le cortex cingulaire antérieur du cerveau est associé au traitement des erreurs, à la résolution des conflits, à la sélection de la réponse et à l'apprentissage de l'évitement, et un dysfonctionnement de cette zone du cerveau a, en effet, déjà été associé à des anomalies dans la désinhibition, l'apathie et l'agressivité et les patients atteints de lésions dans la région du CCA sont « classés » dans la catégorie « personnalité psychopathique acquise » (acquired psychopathic personality). Les chercheurs travaillent d'ores et déjà au développement de traitements permettant d'augmenter l'activité du CCA.
Source: PNAS doi: 10.1073/pnas.1219302110 March 27, 2013 Neuroprediction of future rearrest (Schéma@ Source: Richard Saunders, DPhil, NIMH Laboratory of Neuropsychology, vignette NIH)
Lire aussi: RÉCIDIVES criminelles: Les neurosciences peuvent-elles venir au secours de la Loi ? –
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