NEUROBIOLOGIE de l'AUTISME : Un cerveau plus symétrique ?

Les personnes atteintes d'autisme ont en effet un cerveau légèrement plus symétrique, révèle cette étude de l’Institut Max Planck. Cette symétrie anormale résultat d’une modification de l'épaisseur du cortex cérébral est trop modeste pour constituer un nouveau marqueur significatif des troubles du spectre autistique mais alors qu’elle englobe tout particulièrement les zones du réseau du mode par défaut, les auteurs suggèrent un lien entre ce réseau et les anomalies de développement cérébral caractéristiques de l’autisme.
Les hémisphères gauche et droit de notre cerveau se développent différemment, chaque région se spécialisant dans certaines fonctions. Par exemple, chez la plupart des gens, l'hémisphère gauche – qui contrôle la main droite - est également dominant pour le langage. Cependant, cette asymétrie cérébrale apparaît parfois affectée chez les personnes atteintes de troubles du développement ou de troubles psychiatriques tels que l'autisme. De précédentes études ont d'ailleurs suggéré que les personnes présentant un trouble du spectre autistique (TSA) sont moins susceptibles de présenter cette asymétrie. Cependant, dans l'autre sens, on ignore si l'asymétrie de l'anatomie du cerveau est affectée par l'autisme.
Une nouvelle piste pour comprendre les anomalies de la maturation du cerveau autiste
Un cerveau plus symétrique, une caractéristique de l’autisme ? Ces neuroscientifiques ont décidé de mener une étude à grande échelle, basée sur des scanners cérébraux collectés dans différents pays pendant plus de 20 ans. L’étude menée à partir des données de scanner de 1.774 personnes atteintes d'autisme et de 1.809 témoins sains, est la plus large jamais réalisée sur cette question de l’asymétrie cérébrale. L’équipe constate en effet que :
- les hémisphères cérébraux gauche et droit du cerveau sont effectivement plus similaires chez les autistes. Cette asymétrie réduite est retrouvée principalement pour l'épaisseur corticale, à différents sites de la surface du cerveau. Ainsi, si dans un cerveau en bonne santé, l'épaisseur du cortex cérébral diffère entre les hémisphères gauche et droit, ce n’est pas le cas des cerveaux autistes ;
- de plus, ces différences d’anatomie cérébrale ne dépendent pas de l'âge, du sexe, du QI, de la sévérité des symptômes ou de l'utilisation de médicaments.
- Sur le plan fonctionnel, les personnes atteintes de TSA présentent une latéralisation réduite des zones impliquées dans le langage ;
- les données d'IRM fonctionnelle à l'état de repos des personnes atteintes de TSA montrent également un décalage d'asymétrie vers la droite impliquant différents réseaux fonctionnels ;
- le taux de gauchers est supérieur chez les autistes vs en population générale.
Un nouveau marqueur de TSA ? Ces petites différences d'asymétrie cérébrale entre les personnes autistes et les témoins ne seront pas suffisantes en termes de prédiction clinique, commente l’auteur principal de l'étude, Clyde Francks. Mais elles participent à éclairer la neurobiologie des troubles du spectre autistique et ouvrent la voie à une analyse à grande échelle pour déterminer comment cette anomalie d’asymétrie structurelle cérébrale intervient au cours du développement du cerveau.
En particulier, ces zones altérées « chevauchant » le réseau en mode par défaut, actif pendant le repos passif et l’errance mentale, et il semble intéressant d’étudier les liens éventuels entre ce réseau et le développement des TSA.
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