PERTE d’ODORAT, perte de cognition ?

La perte de l'odorat a déjà été documentée comme un symptôme précurseur de la maladie d'Alzheimer mais cette étude canadienne va plus loin : des tests de reconnaissance des odeurs pourraient-ils permettre de détecter un déclin cognitif voire de suivre l'évolution de la maladie d’Alzheimer chez les patients atteints ? Ces travaux de l’Université McGill présentés dans la revue Neurology permettent en effet de penser qu'un simple test d’odorat pourrait même permettre de détecter et suivre l’évolution de la maladie avant même l'apparition des premiers symptômes, chez les personnes à risque élevé.
La proposition répond bien évidemment à l’absence de test de détection simple et précoce de la maladie d'Alzheimer et au besoin de traiter bien avant l'apparition des symptômes cognitifs. Or plusieurs études ont déjà confirmé qu’une diminution des capacités olfactives peut indiquer le développement de troubles cognitifs, car significativement associée à une perte de fonction des cellules du cerveau et à la progression de la maladie d'Alzheimer. Enfin, le bulbe olfactif (qui participe à l'odorat) et le cortex entorhinal (qui intervient dans la mémoire et la reconnaissance des odeurs) comptent parmi les premières structures cérébrales touchées par la maladie d’Alzheimer.
Ici, la recherche est menée auprès de 300 participants âgés de 63 ans en moyenne et à risque élevé de développer la maladie d'Alzheimer. Ces participants ont été invités à effectuer des tests à choix multiple consistant à gratter et à sentir des timbres odorants afin de reconnaître différentes odeurs. 100 participants se sont également portés volontaires pour subir régulièrement des ponctions lombaires afin de mesurer les concentrations de diverses protéines liées à la maladie d'Alzheimer dans le liquide céphalorachidien.
L’analyse de ces données montre que la difficulté à reconnaître les odeurs est associée à des niveaux élevés de biomarqueurs de la maladie d'Alzheimer.
« Un simple test de reconnaissance des odeurs pourrait donc nous renseigner sur l'évolution de la maladie, tout comme le font actuellement certains tests beaucoup plus invasifs et coûteux portant sur l'analyse du liquide céphalorachidien », conclut me Pr Judes Poirier, directeur du Programme de recherche sur le vieillissement, la cognition et la maladie d'Alzheimer de l'Institut Douglas et coauteur de l'étude. Certes des études beaucoup plus poussées seront nécessaires pour déterminer avec précision la nature du lien entre la perte de la capacité à reconnaître les odeurs au fil du temps et l'évolution de la maladie. Mais une nouvelle piste de recherche est ouverte, non invasive et capable de détecter la maladie avant l'apparition des premiers symptômes.
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