PROCRÉATION médicalement assistée: Un risque accru de 40% de malformations congénitales
Une augmentation des malformations congénitales de 5,8% (hors traitement de l’infertilité) à 8,3%, avec traitement de l’infertilité, soit une augmentation du risque de 40%, c’est l’une des conclusions de cette étude, la plus exhaustive du genre, et qui va jusqu’à préciser le risque de malformations congénitales en fonction de la technique de procréation médicalement assistée utilisée. Des conclusions publiées dans le New England Journal of Medicine et présentées au Congrès mondial « Building Consensus in Gynecology, Infertility and Perinatology » de Barcelone qui doivent encore être élargies aux années plus récentes mais fournissent d’ores et déjà des bases de réflexion. Car, dans le monde, plus de 3,7 millions de bébés naissent chaque année par procréation médicalement assistée.
Les auteurs rappellent que de précédentes études ont déjà suggéré un risque accru de malformations congénitales associé au traitement de l'infertilité, mais leur étude est la première à comparer toutes les formes de techniques disponibles. Le Professeur agrégé Michael Davies (vidéo ci-contre)du Robinson Institute, Université d'Adélaïde et son équipe ont ainsi comparé ce risque en fonction des différentes thérapies de procréation médicalement assistée (AMP) couramment disponibles, telles que la FIV (fécondation in vitro), l'ICSI (injection intracytoplasmique de spermatozoïdes), l'induction de l'ovulation et après transfert d'embryons frais et congelés. « Si toutes les technologies d'AMP sont associés à un risque global accru de malformations congénitales majeures, nous avons trouvé des différences significatives de ce risque entre les différents traitements disponibles», explique l'auteur principal de l'étude. Les chercheurs ont comparé les données portant sur 6.163 naissances par AMP en Australie du Sud à celles de plus de 308.974 naissances dont 17.546 avec malformations congénitales. Les chercheurs ont comparé les risques de malformations congénitales pour chaque technique d'AMP à ceux liés à la conception sans trouble d'infertilité.
Les résultats sont sans appel :
· Le risque non ajusté de malformations congénitales pour les grossesses résultant d'AMP s'élève à 8,3% vs 5,8% pour les grossesses n'ayant pas eu recours à l'AMP,
· le risque de malformations congénitales pour la FIV s'élève à 7,2%,
· le risque de malformations congénitales pour la l'ICSI s'élève à 9,9%.
· Les antécédents d'infertilité, ayant donné lieu ou non à AMP, sont significativement associés à des malformations congénitales.
· Si certains facteurs associés aux causes de l'infertilité expliquent l'excès de risque associé à la FIV, l'augmentation du risque pour un certain nombre d'autres traitements, comme l'ICSI (entraînant une augmentation du risque de malformations majeures de 57%) ne peut pas être facilement expliquée par des facteurs patients.
· La cryoconservation ou congélation des embryons est associée à un risque considérablement réduit de malformations congénitales, en particulier pour l'ICSI.
· L'induction de l'ovulation par citrate de clomiphène est liée à un triplement du risque d malformations congénitales majeures.
Cette étude, qui apporte de nouvelles bases de réflexion, devrait être élargie aux années plus récentes de traitement, pour tenir compte des derniers progrès technologiques.
Source: New England Journal of Medicine 10.1056/NEJMoa1008095 May 5, 2012 Reproductive Technologies and the Risk of Birth Defects log Petite Enfance N°13-Fotolia)
Lire aussi : FERTILITÉ: L'AMP ne peut pas remonter l'horloge biologique, sur les FIV
FIV: Les traitements de fertilité causes d'anomalies chez l'enfant?
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