EBOLA: Retourner sa capacité de mutation contre lui

Cette capacité du virus Ebola à muter rapidement, documentée ici par une équipe du Texas Biomedical Research Institute pourrait se retourner contre lui. S’il y a seulement quelques jours, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) officialisait la fin de l’épidémie en Guinée, de récents cas au Libéria soulignent l’importance de mesures de surveillance robustes pour détecter rapidement toute réintroduction ou résurgence de la maladie. Au total, depuis le début de l’épidémie en Afrique de l’Ouest, plus de 28.600 cas et plus de 11.300 décès à virus Ebola auront été recensés. Cette nouvelle étude, présentée dans le Journal of virology alerte contre la fréquence élevée de mutation spontanée du virus mais suggère aussi que ce taux de mutation pourrait se révéler la base d’une nouvelle thérapie prometteuse.
La course pour trouver un vaccin et des thérapies efficaces pour lutter contre la maladie se poursuit, sous peine de connaître une résurgence de l'épidémie. C'est donc à de nouvelles thérapies, diagnostics et vaccins que travaillent aussi ces scientifiques de l'Institut du Texas. Ils identifient ici un mécanisme prometteur pour attaquer le virus. Le virus Ebola « bénéficie » en effet de taux de mutations spontanées élevés, qui permettent son évolution rapide et lui confèrent une capacité d'adaptation aux médicaments antiviraux, au système immunitaire, ou même à de nouveaux hôtes animaux.
Une capacité très limitée à tolérer des changements génomiques : Par séquençage, les chercheurs révèlent, en premier lieu, que la fréquence de mutation spontanée des virus Ebola est élevée et similaire à d'autres virus à ARN. Cependant, ils constatent aussi que le virus Ebola a une capacité très limitée à tolérer des changements spontanés dans le génome. Ils suggèrent donc que l'augmentation chimique de la fréquence de mutation du virus pourrait diminuer le nombre de virions viables produits à partir d'une cellule.
Réduire la virulence en accélérant les mutations, apparaît une stratégie donc prometteuse : car si le virus Ebola a le potentiel d'évoluer rapidement, ses modifications génétiques l'amènent à s'affaiblir voire à perdre sa virulence. De plus, compte tenu du nombre de cas d'infection recensés lors de l'épidémie africaine, les scientifiques savent que le virus n'évolue chez l'hôte humain. L'augmentation du taux de mutation pourrait donc produire un effet négatif sur le virus et être le principe prometteur d'un nouvel outil thérapeutique.
Un test presque concluant : pour déterminer si le virus est bien sensible à des taux de mutation élevés, les chercheurs montrent sur la souris, puis le singe, que la ribavirine, en augmentant la fréquence de mutation du virus, peut rendre le virus non-viable. Des résultats pas suffisamment concluants néanmoins, pour recommander la ribavirine comme protocole de traitement. Cependant le principe est bien là : un médicament capable d'accélérer les mutations du virus pourrait se révéler capable de lui confisquer toute virulence.
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