ENVIRONNEMENT: Un poisson-zèbre transgénique révélateur de perturbateurs

C’est une nouvelle espèce de « poissons-pilotes ». Après ces chercheurs de l’Université d’Exeter qui avaient développé un poisson-zèbre un peu spécial, capable de nous montrer où se concentrent les substances chimiques de l'environnement et comment elles peuvent affecter la santé, cette nouvelle expérience, de l’Inserm, aboutit également à un poisson-zèbre, transgénique, capable de détecter des contaminants perturbateurs endocriniens. Un test vivant, présenté dans l’édition de mai de la revue PLoS ONE.
Ces chercheurs de l'Ineris et de l'Inserm ont développé ce test chez et par le poisson qui permet de détecter les effets perturbateurs endocriniens de certains contaminants de l'environnement. A la base, un gène du cerveau qui réagit fortement à certains perturbateurs endocriniens visualisé par un gène rapporteur fluorescent. Sur des embryons de poisson zèbre translucides, les effets deviennent alors observables dans le cerveau lorsque les embryons sont exposés à des polluants perturbateurs.
Le cerveau des embryons de poisson devient fluorescent : Les nombreux polluants présents dans les eaux de surface miment les effets des œstrogènes, perturbent ainsi les fonctions de reproduction et de croissance des organismes, avec des conséquences potentiellement néfastes pour la santé des êtres vivants et de leur descendance. Ces perturbateurs endocriniens à activité œstrogénique agissent aussi sur le cerveau, rappellent les auteurs, qui, en travaillant sur un gène exprimé exclusivement au niveau du cerveau, démontrent aussi la susceptibilité du système nerveux à ces polluants. En utilisant un rapporteur fluorescent, la GFP (Green Fluorescent Protein), le cerveau des embryons de poisson devient fluorescent lorsqu'ils sont exposés à ces substances mimant les œstrogènes.
Perturbateurs de l'activité des cellules souches du cerveau : Leurs résultats confirment qu'un certain nombre de substances affecte, chez l'embryon de poisson, l'activité des cellules souches du cerveau, des cellules capitales pour le développement du système nerveux central. Cet effet passe par l'expression d'un gène spécifique dans le cerveau extrêmement sensible aux œstrogènes, le gène cyp19a1b. Leur modèle de poisson zèbre transgénique permet d'identifier les effets des polluants sur une enzyme issue du gène cyp19a1b, l'aromatase, responsable de la synthèse des œstrogènes dans l'organisme. Leur recherche montre que 21 composés polluants, sur les 45 testés, ont induit une fluorescence, à des degrés variables. Ce test pourrait donc compléter les dispositifs in vitro existants et contribuer à la surveillance des milieux aquatiques.
Source: PLoS ONE 2012, 7(5):e36069, Epub 2012 May 7 « Screening Estrogenic Activities of Chemicals or Mixtures In Vivo Using Transgenic” (cyp19a1b-GFP) Zebrafish Embryos. (Visuel © Inserm, O. Kah)
Lire aussi: POLLUTION et substances chimiques: Le poisson-zèbre fluo qui dit tout
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