MÉMOIRE: Comment les grands moments de la vie font des flashbulb memories

Comment les grands événements ou les nouvelles expériences deviennent le pilier d’un halo de « souvenirs flash » plus solidement ancrés dans la mémoire, comme tagués par ce repère temporel, c’est le processus cérébral que tente de décrypter cette étude présentée dans la revue Nature. Des travaux qui nous éclairent aussi sur la transposition dans le cerveau de ces surprises qui reflètent nos vies et dont la nouveauté crée ce halo de mémoire privilégié, ou « flashbulb memories ». Des implications certaines pour optimiser l’apprentissage.
En bref, les faits triviaux de notre quotidien peuvent être rapidement oubliés, en revanche les souvenirs flashes associés à des actualités marquantes, à des événements personnels exceptionnels ou des surprises de la vie, ou enfin à des grandes étapes de vie sont encodés ou marqués d'un tag qui facilite le rappel ou récupération de la mémoire. Les auteurs citent l'exemple de la plupart des Newyorkais se souvenant où ils étaient quand les tours jumelles se sont effondrées.
Cette étude menée par l'Université d'Edimbourg et l'Université du Texas apporte un nouvel éclairage sur les mécanismes biologiques qui conduisent ce processus dit de « flashbulb memories ». Menée sur la souris, la recherche révèle comment les expériences attirent l'attention activent une zone spécifique du cerveau, qui libère alors des produits chimiques qui favorisent le rappel de mémoire. Chez la souris, un bon exemple de souvenir peut être l'emplacement d'une source de nourriture. Les chercheurs ont donc placé des souris dans une arène à la recherche de nourriture cachée qui changeait d'emplacement chaque jour. Les chercheurs montrent que les animaux exposés à une expérience nouvelle (comme par la présence d'un nouvel objet par exemple) dans les 30 minutes de la découverte de source de nourriture, vont la retrouver bien plus rapidement le lendemain.
Quel déclencheur ? Une libération de dopamine à partir d'une zone du cerveau, le « locus coeruleus », particulièrement sensible aux nouvelles expériences, ils ont trouvé. Les cellules cérébrales du locus coeruleus transmettent la dopamine à une autre zone du cerveau, l'hippocampe, qui contrôle la formation des souvenirs. Alors qu'on connaît bien le rôle clé de la dopamine dans la formation de la mémoire, l'étude est la première à retracer ce lien dopaminergique entre le locus coeruleus et l'hippocampe.
Des résultats qui permettent de comprendre pourquoi on mémorise mieux l'information si quelque chose détourne notre attention juste avant ou juste après son enregistrement dans le cerveau. D'une certaine manière, dans la vie, la nouveauté et la surprise permettent de se créer un halo de souvenirs privilégiés, concluent les auteurs.
Ce n'est pas la première étude à développer la notion de « souvenirs marquants ». Une étude de l'Université Davis qui identifiait un signal dans l'hippocampe associé à un souvenir « enrichissant », évoquaient, quant à eux, la notion de « reward » ou récompense, comme un facteur de mémorisation prioritaire. Récompense, surprise, émotion, la mémoire semble avoir ses propres incitations.
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