CANCER COLORECTAL: L'Inserm découvre un gène suppresseur de tumeurs

Ce gène bien dénommé "DCC" pour Deleted Colorectal Cancer est un suppresseur de tumeurs, il protège contre le développement de tumeurs colorectales, en codant pour des récepteurs qui induisent la mort des cellules cancéreuses. C'est ce que vient de démontrer cette équipe du Centre de Recherche en Cancérologie de Lyon – Inserm, menée par le chercheur Patrick Mehlen et publiée dans Nature. "Réveiller" ce gène pourrait aboutir à la mise au point d'un traitement anti-cancéreux. Des candidats médicaments sont déjà en test, sur l'animal.
Le rôle de suppresseur de tumeurs dans le carcinome colorectal de ce gène DCC a été étudié ces 15 dernières années, précisent les auteurs. Mais le problème est que l'expression de ce gène est annihilée ou fortement réduite dans la majorité des cancers avancés du colon.
Ces chercheurs lyonnais ont mis au point un modèle animal porteur d'une mutation sur le gène DCC. Une fois muté, le gène n'induit plus la mort des cellules cancéreuses. Ce processus d'apoptose qui passe, explique l'Inserm, par des récepteurs « à dépendance» à la surface des cellules n'est plus déclenché. Mais comment se déclenche l'apoptose ? Des signaux appelés ligands sont captés par la cellule par ces récepteurs de surface. Ces récepteurs particuliers à dépendance, captent une molécule « signal », la nétrine. Lorsque la nétrine se fixe sur les récepteurs, cela entraîne la survie de la cellule. Dans le cas contraire, c'est l'apoptose.
Or le gène DCC code pour un récepteur à dépendance et permet ainsi de provoquer la mort des cellules qui deviennent cancéreuses. Une fois « éteint » chez la souris, les chercheurs constatent une augmentation du nombre et de l'agressivité des tumeurs intestinales. Ils démontrent ainsi le rôle de DCC de suppresseur de tumeur via sa capacité à déclencher l'apoptose des cellules tumorales.
Ce gène, suppresseur de tumeurs, « est éteint dans la majorité des cancers chez l'homme", explique Patrick Mehlen. Mais un médicament qui réactiverait ce gène pour induire la mort des cellules cancéreuses permettrait de stopper le développement des tumeurs. L'équipe a déjà développé plusieurs candidats médicaments qu'elle espère pouvoir tester chez l'homme d'ici 3 années.
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