PRESCRIPTION : Polymédication, prescriptions inappropriées et fragilité des personnes âgées

Cette étude, publiée par l’Institut de Recherche et Documentation en économie de la Santé (IRDES) dans Questions d’Economie de la Santé (QES) a regardé la relation entre l’usage de médicaments, la polymédication et la fragilité chez les personnes âgées de 65 ans et plus. Précisément, il fait la synthèse d’une étude publiée en 2017 dans l’European Journal of Clinical Pharmacology. Si cette analyse souligne que la polymédication et l’usage de certains médicaments inappropriés sont associés à la fragilité chez les personnes âgées, elle met également en évidence des taux de polymédication et de prescriptions potentiellement inappropriées (PPI) très élevés et suggère que l’association entre les PPI et la fragilité reflète l’association entre les PPI et la polymédication d’un côté et entre la polymédication et la fragilité, de l’autre.
Il s’agit d’une analyse des données de l’Enquête santé et protection sociale de l’Irdes en 2012, appariée aux données de consommation de médicaments issues des remboursements de soins de l’Assurance maladie et conçue pour être représentative de la population française. 14% des 8.413 ménages ayant participé à l’enquête de 2012 étaient âgés de 65 ans ou plus. L’analyse a donc porté sur 1.890 participants, vivant en ménage âgés de 65 ans et plus, et dont 11 % ont été considérés comme fragiles.
- Le nombre de médicaments utilisés au cours de l’année 2012 a été estimé à partir de la moyenne du nombre de médicaments utilisés par périodes de 3 mois ;
- la polymédication par au moins 5 médicaments et la polymédication excessive par au moins 10 ;
- les prescriptions potentiellement inappropriées (PPI) ont été évaluées sur toute l’année 2012 selon une liste (liste de Laroche) issue d’un consensus d’experts et ont inclus les prescriptions à durée inappropriée pour certaines classes de médicaments ;
- la fragilité a été définie, selon le phénotype de Fried, par la présence d’un nombre critique d’altérations de la force et de l’activité physique, de la nutrition, de la mobilité et de l’énergie.

Des taux très élevés de polymédication et de PPI chez les 65 ans et plus :
- Une polymédication et une polymédication excessive ont été rapportées chez respectivement 43 % et 27 % de la population étudiée ;
- Au moins une PPI est constatée chez 47 % des participants et chez 37% selon les critères de Laroche ; les PPI les plus fréquentes impliquent les benzodiazépines, les anticholinergiques, les AINS et les vasodilatateurs cérébraux.
Une association PPI-polymédication et une association polymédication et fragilité :
- La relation entre les PPI et la fragilité est observée dans des modèles non ajustés ou partiellement ajustés (Voir schémas).
- Cette relation devient non significative lorsque la polymédication est prise en compte : Cela suggère que l’association entre les PPI et la fragilité reflète :
- l’association entre les PPI et la polymédication d’un côté,
- la polymédication et la fragilité de l’autre.
- Cependant, l’association PPI -fragilité reste significative dans l’analyse ajustée sur la polymédication.
Enfin, l’étude confirme le lien entre prescription d’anticholinergiques et fragilité déjà identifié dans de précédentes études.
Ainsi, l’étude montre que la polymédication -dont l’usage de médicaments anticholinergiques- est bien associée à la fragilité chez les personnes âgées. Elle sensibilise donc à nouveau sur le bon usage du médicament en particulier chez les personnes âgées et pose à nouveau la question de la déprescription.
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